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Détail de l'évènement

Rencontre débat autour de Sándor Márai, de Gyula Krúdy et de la traduction d’oeuvres littéraires, le 19 janvier 2016 à 20h

Bibliothèque Saint-Corneille

Rencontre débat autour de Sándor Márai, de Gyula Krúdy et de la traduction d’oeuvres littéraires


En présence de Catherine Fay, traductrice de hongrois vers le français.

 

Depuis 2007, elle traduit Sándor Márai, notamment "La nuit du bûcher" (2015), "Ce que j'ai voulu taire" (2014), "Les Mouettes" (2013), et "Les Étrangers" (2012). Mais elle a également traduit "L'Affaire Eszter Solymosi" (2013) de Gyula Krúdy, immense écrivain hongrois qui fut l’un des modèles de Márai.

 

Sándor Márai (dont toute l’œuvre traduite en français jusqu’ici a été publiée aux Éditions Albin Michel) s’est imposé comme l’auteur hongrois le plus lu en France, avec des romans construits autour des relations impossibles entre hommes et femmes, de la folie, de la solitude, de la révolte, de l’exil, un grand thème chez lui, et pour cause : sa vie fut celle d’un exilé, une vie itinérante qui le mènera en Italie, à New York puis en Californie où il se donnera la mort à 89 ans.

 

Márai (Kassa [actuelle Slovaquie] 1900 – San Diego, 1989) fut un écrivain prolifique et il reste encore beaucoup de livres à traduire : des romans, des essais, son Journal, des pièces de théâtre et de la poésie. Témoin de la disparition du monde du 19e siècle, il est l’une des grandes voix de la Mitteleuropa, aux côtés de Stefan Zweig ou Thomas Mann qu’il admirait, mais il fut également un témoin des transformations du 20ème siècle : il a exercé sa réflexion sur le pouvoir et les différents totalitarismes, a tiré de son existence de déraciné des analyses extrêmement diversifiées sur la littérature, l’écriture, l’art et plus généralement sur le monde qui l’entourait, en ne négligeant pas les avancées scientifiques et technologiques, particulièrement dans son « grand œuvre », son Journal de 1943 à 1989.

 

Issu de la petite noblesse provinciale, Gyula Krúdy (Nyiregyháza, Hongrie, 1878 – Budapest, 1933) publie son premier texte à quatorze ans, et lorsqu’il s’installe quatre ans plus tard à Budapest, il a déjà derrière lui quatre-vingt-dix nouvelles, un duel, un diplôme de bachelier et un nombre respectable d’articles parus dans la presse régionale et nationale. Déshérité par son père, il va y mener une vie de bohême déjà mythifié par ses contemporains : fêtard turbulent, joueur prodigue, fin gourmet et don Juan désabusé, il incarne le grand seigneur extravagant dans la pure tradition de l’Europe centrale. Toujours à court d’argent, il a beaucoup écrit et continuera jusqu’au bout, par goût, plaisir et nécessité – douze à seize feuillets chaque matin, ne corrigeant jamais rien, pas même les épreuves. Lorsqu’il mourra à cinquante-cinq ans, épuisé, pauvre et bientôt oublié, il avait quatre-vingt-six romans et plus de deux mille nouvelles à son actif. Plus tard, la Hongrie reconnaîtra en lui comme la substance même de son âme et de sa langue.

 

Entrée libre